samedi 22 juillet 2017

De l’indistinction fréquente des sons « an » et « on ».


Dans les médias électroniques français, par exemple à France Info, on remarque que certains journalistes ne font plus la distinction entre les sons « an » et « on ». Ils ne distinguent plus, par exemple, « blanc » et « blond », « France et « fronce », « défense » et… « défonce ».
C’était particulièrement comique d’entendre qualifier Michèle Alliot-Marie de « ministre de la Défonse »… surtout quand on connaît le personnage.
A la météo, on nous annonce la venue de « vonts violonts » (vous aurez compris qu’il est question de « vents violents »). 
On ne distingue plus « manger des oranges » et « manger des oronges ». Pourtant ce n'est pas la même chose!
Ecart de prononciation particulièrement mal venu tant sont nombreux les termes qui se distinguent uniquement par ce trait. 
Ce tic de prononciation – assez agaçant – se rencontre surtout chez les femmes. Il semble que, pour certaines, il se veut un signe de distinction. Accent distingué ou accent pimbêche ? A vous de juger…



Mots clés : langue française, prononciation, tic, journaliste, France Info, indistinction sons « an » et « on », défense et défonce, France et fronce, rance et ronce, violent et violon.

vendredi 21 juillet 2017

A qui appartient la langue française?

 Un article intéressant publié par le Point :

http://www.lepoint.fr/culture/a-qui-appartient-la-langue-francaise-21-07-2017-2144733_3.php?google_editors_picks=true

Mots clés : sociolinguistique, langue française, changement linguistique, norme, orthographe, grammaire, Académie française.

vendredi 23 juin 2017

Comment doit-on prononcer Visegrad?

Cher Mathieu Coache de BFM-TV, le nom Visegrad, qui sert à désigner le groupe des pays de l'Est européen, est d'origine slave et signifie "haut château". 

Il se prononce "vi-ché-grade" et non "viss-grade". 

Bien cordialement.

Mots-clés : prononciation - Visegrad

dimanche 4 juin 2017

Comment prononcer Justin dans Justin Trudeau ?

Cher Thierry Arnault de BFM-TV, le prénom du premier ministre canadien Justin Trudeau se prononce à la française, soit "juss-tin", et non "djeuss-tine" à l'anglaise. Seuls les francophones qui refusent à Justin Trudeau sa qualité de francophone se permettent de le prononcer à l'anglaise. Ce qui représente une prise de position politique qui n'a pas lieu d'être en France.

Mots-clés : Prononciation française; Justin; Justin Trudeau; Thierry Arnault; BFM-TV.

vendredi 12 mai 2017

Doit-dire résidence ou maison ?

Beaucoup de journalistes québécois ne connaissent pas la différence entre une résidence et une maison. On l'a encore constaté récemment lors des inondations qui ont frappé la province. Voici un exemple de ce qu'on pouvait lire ou entendre :

« La rivière des Prairies est sortie de son lit, mercredi matin, inondant plusieurs rues et résidences de Pierrefonds et de L’Île-Bizard dans le nord-ouest de Montréal. » (Metro, 3 mai 2017).

Cet emploi du mot résidence ressemble fort à son emploi en anglais, comme le montre l'exemple suivant :

« Montreal flood watch: Residence evacuated, dikes leaking, hoping for army help. » (Montreal Gazette, 7 mai 2017).

Les emplois de residence en anglais et de résidence en français ne se recouvrent pas totalement.

En anglais, « a residence is an establishment where it was originally or currently being used by a host as their main place of dwelling or home. Architecturally, a residence is typically a house, mansion, cottage or grand castles and palaces. Residence may more specifically refer to: House, a home, building, or structure that functions as a habitat for humans or other creatures. » (Wikipedia).

En français, une résidence est un « lieu construit, généralement luxueux, où l'on réside. »

Les deux termes se rejoignent pour désigner : 1) le lieu où l'on réside habituellement (terme juridique, comme domicile), 2) une construction luxueuse (la résidence d'un roi).

Dans le contexte décrivant la situation dans les quartiers pavillonnaires de Montréal, le terme résidence ne convient pas. C'est soit un anglicisme de sens, soit un faux sens (interprétation erronée du sens d'un mot), une impropriété. C'est le mot maison qu'on attend.

Mots clés : français québécois; anglicisme; anglicisme de sens; résidence; maison.


mardi 25 avril 2017

Comment traduire « Fake News » ?

L'anglicisme « Fake News » se traduit couramment par « Fausse information », « Fausse Info » ou « Info Bidon » (familier).

mercredi 19 avril 2017

Doit-on dire « Préparez-vous à arrêter » ou « Soyez prêt à vous arrêter » ou autre chose encore ?


Au Québec, on voit sur les routes des panneaux avec l'inscription « Préparez-vous à arrêter ». On les trouve généralement comme signalisation avancée d'un feu de circulation ou d'un passage à niveau sans barrière. En fait cette formulation est critiquable à double titre.

Tout d'abord c'est un calque de l'anglais « Be prepared to stop ». Entre « se préparer à » et « être prêt à », il y a une nuance importante. « Se préparer à » semble indiquer qu'on doit s'arrêter à chaque fois qu'on passe par là; « être prêt à », seulement le cas échéant (lorsque le feu est rouge ou lors du passage d'un train). Ensuite l'emploi absolu du verbe « arrêter » n'est pas de la meilleure langue.

Une traduction plus idiomatique serait quelque chose comme « Soyez prêt à vous arrêter » ou, mieux encore, « Attention, feux de signalisation », « Attention, passage à niveau non protégé ».

Mots-clés : français au Québec; signalisation routière; traduction anglais-français; calque; emploi absolu du verbe arrêter.

mercredi 22 mars 2017

Doit-on dire « officier de police » ou « agent de police »?


Dans les médias francophones, on observe souvent un emploi fautif du syntagme « officier de police », particulièrement lorsqu'il s'agit de rendre compte d'un événement ayant eu lieu dans un pays anglophone. Dans ce cas, « officier de police » est le calque de l'anglais « police officer ». Or, les deux termes ne désignent pas, dans les deux langues, la même chose.
 
« "Pour la vaste [sic] majorité des gens, il est incompréhensible qu'un garçon de 18 ans ait prévu de tuer un officier de police, de le renverser avec une voiture puis de le décapiter avec un couteau", a dit la Cour, qualifiant le projet de "putride". » (AFP Infos mondiales, 5 septembre 2015).

En anglais, « police officer » désigne simplement  « a member of a police force ». Le mot est synonyme de policeman, police agent, police employee. Il convient donc de le traduire, selon le contexte, par policier, agent de police ou fonctionnaire de police.

En effet, en français, « officier de police » désigne un gradé de la police, membre du corps de commandement, à savoir un lieutenant, un capitaine ou un commandant de police.

Voici comment aurait dû être rédigée cette dépêche de l'AFP : 

« "Pour l'immense majorité des gens, il est incompréhensible qu'un garçon de 18 ans ait prévu de tuer un policier, de le renverser avec une voiture puis de le décapiter avec un couteau" », a dit la Cour, qualifiant le projet de "putride". » (AFP Infos mondiales, 5 septembre 2015).

Mots-clés : traduction anglais-français; anglicisme; calque; AFP; police officer; officier de police; policier; agent de police; fonctionnaire de police.

mercredi 15 mars 2017

Comment traduire « accountability » ?


Le terme anglais accountability représente une véritable difficulté de traduction en français. Le sens général de ce mot est le « fait de devoir rendre compte » (de ses actes, de sa gestion, etc.), l'« obligation de rendre des comptes », l'« obligation d'être comptable de ses actes ». Cette obligation s'applique au personnel politique, aux fonctionnaires, aux administrations, aux sociétés et aux entreprises.


Malheureusement l'équivalent français potentiel direct, « comptabilité », ne peut pas faire l'affaire, ce mot étant limité au domaine technique de la tenue de comptes… On peut « être comptable » (de ses actes), mais le fait d'être comptable ne peut pas s'appeler la « comptabilité » (de ses actes)…



Un rapide sondage dans la presse européenne francophone donne cependant quelques pistes de solution. Disons d'abord que le terme anglais est souvent employé tel quel. Cependant il existe des équivalents français. Équivalents plus ou moins satisfaisants. À côté d'« obligation de rendre compte », on relève aussi « responsabilité », « responsabilisation », « autoresponsabilité » (des entreprises), « reddition de comptes » et « redevabilité ».



« En France, nous n'avons pas une tradition d'évaluation de nos politiques publiques. […] Globalement, notre personnel politique n'a pas la culture de la reddition de comptes. » (Mediapart, 30 septembre 2016).



« Je rappelle que la "redevabilité", "accountability" en anglais, qui est le fait de rendre compte aux électeurs, a valeur constitutionnelle. L'article 15 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dit bien que "la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration". » (Le Courrier des maires et des élus locaux, 16 février 2016).



Je renvoie aussi à mon billet du 9 décembre 2012 :




Mots-clés : traduction; accountability; obligation de rendre compte; reddition de comptes; redevabilité; responsabilité; responsabilisation; autoresponsabilité.

mardi 14 mars 2017

Doit-on écrire « looser » ou « loser » ?


Les Français maîtrisent mal l'anglais, c'est bien connu. On voit souvent dans les articles de journaux le mot looser orthographié avec deux « o » au lieu de loser avec un seul « o » pour désigner un perdant.

« Avec son physique massif d'ex-footballeur, le trentenaire déroule un stand up efficace dans lequel il endosse avec un certain brio l'habit du joyeux looser. » (Le Parisien, 13 mars 2017).

C'est une faute grossière qui peut s'expliquer par le fait que beaucoup de gens à l'anglais incertain associent systématiquement le son « ou » en anglais au digraphe « oo » comme dans too.

Le comble, c'est que le Nouveau Petit Robert entérine ce barbarisme sans piper mot. En effet, dans ce dictionnaire, on peut lire : « loser n. m. variante looser » ! Il y aurait d'ailleurs beaucoup de critiques à faire sur le traitement des anglicismes dans ce dictionnaire.

Ceux qui utilisent la forme fautive « looser » ne se rendent pas compte qu'en plus de dévoiler leur ignorance de la langue anglaise, ils utilisent involontairement un mot qui a un tout autre sens...

Pour voir ce qu'en pensent les anglophones, cliquez sur ce lien : 


Extrait de ce dictionnnaire :


A looser is a loser who can't spell "loser".

Moron : "Hey man, you are teh looser!"

Guy : "It's spelled 'loser' you uneducated bastard."

Mots-clés : langue française; anglicisme; orthographe; looser; loser; Nouveau Petit Robert.

dimanche 12 mars 2017

Poivre grossièrement moulu ou texte grossièrement traduit ?


On lit sur l'étiquette d'un contenant de poivre commercialisé par Kirkland Signature la marque maison de Costco Wholesale Corporation : Coarse Ground Malabar Black Pepper / Poivre grossièrement moulu de Malabar
Texte grossièrement traduit...
 Y en a qui ont ben d'la misère avec l'ordre des mots en français ! Particulièrement l'ordre des compléments de nom. J'ai consacré tout un chapitre dans Le français québécois entre réalité et idéologie (Presses de l'Université Laval, 2017) à la piètre qualité des traductions des textes des emballages de produits de consommation courante au Québec. En voilà un nouvel exemple.
Pourquoi disjoindre « poivre » et « de Malabar », puisqu'il s'agit de l'origine géographique de ce produit ? « Poivre de Malabar » se distingue, de par son origine, de « poivre de Ceylan », de « poivre de Madagascar », de « poivre de Sarawak », etc.
Pourquoi Black dans Black Pepper a-t-il disparu, alors qu'on sait qu'il y a des poivres noirs, des poivres verts et des poivres blancs ?
En fait l'étiquette de Kirkland Signature devrait se lire de la manière suivante : Poivre noir de Malabar grossièrement moulu.
Il est étonnant qu'une entreprise aussi puissante que Costco ne soit pas capable de fournir des traductions correctes à ses clients canadiens francophones. L'entreprise va ouvrir prochainement un premier entrepôt en France. Il sera intéressant de voir là-bas quelle sera la qualité des textes des emballages de ses produits.

Mots-clés : traduction anglais-français; qualité de la traduction; Québec; France; ordre des mots; ordre des compléments de nom; Costco Wholesale Corporation; Kirkland Signature.

vendredi 10 mars 2017

Doit-on dire un aréna ou une aréna ?


Dans une fiche datant de 2011, le Grand Dictionnaire terminologique affirme que le terme aréna est un nom masculin. Ce faisant, il s'appuie sur une recommandation de l'Office québécois de la langue française de 1989. Ce choix du genre masculin, qui correspond à l'usage québécois populaire, est critiquable. Dans la presse québécoise, le mot est effectivement presque toujours masculin, même si l'on trouve quelques exemples d'emplois au féminin. Il est assez étonnant qu'un organisme officiel chargé de normaliser les terminologies recommande une forme populaire...
En effet, le mot aréna vient du latin (certes par l'intermédiaire de l'anglais arena). Il a donné tout naturellement en français le mot arène, lui-même féminin. Les mots latins terminés par –a sont, sauf rares exceptions, féminins. C'est le cas d'aréna, comme c'est le cas d'aura. On n'aurait pas idée de dire un aura…
Le mot aréna est d'introduction plus récente en Europe francophone où il est toujours féminin. On ne le voit apparaître dans la presse européenne qu'à partir de l'an 2000 environ. Là-bas, il désigne généralement une arène ou enceinte sportive ou stade couvert multifonctions, où se tiennent aussi bien des spectacles que des événements sportifs. Au Québec son sens est plus étroit. Il désigne une patinoire couverte par opposition à une patinoire en plein air. Ce faisant, il fait double emploi avec le mot patinoire, qui désigne aussi bien une patinoire fermée qu'une patinoire ouverte.
Patinoire de Saint-Gervais (Alpes françaises)

En Europe, on le rencontre d'abord et surtout dans des noms propres, souvent précédés du nom du principal partenaire du stade (manifestation du naming), selon l'ordre syntaxique anglais, comme par exemple l'Accor Hotels Arena de Paris (ancienne salle omnisports de Paris-Bercy). Mais on rencontre aussi des cas d'emploi selon l'ordre syntaxique français (en général hors noms propres), comme par exemple l'Arena de Montpellier.
« Et comme Kendji [un chanteur] n'est pas à une consécration près, il terminera sa tournée de quelque 170 dates demain devant 20 000 spectateurs à l'Accor Hotels Arena à Paris. » (Aujourd'hui en France, 9 mars 2017).
L'Arena de Montpellier (Occitanie, France)
Même lorsqu'il n'est pas employé comme nom propre, il s'écrit très souvent avec une majuscule et sans accent, ce qui suggère que, du fait de son origine américaine, il n'est pas encore senti par beaucoup comme un nom ordinaire.
« Les cabinets de conseil estiment que, pour survivre, une Arena doit organiser au moins cent-vingt événements par an. » (La Tribune, 1er mai 2012).
Cependant la francisation du nom s'accomplit progressivement. Dans une première étape, on trouve la forme arena, sans majuscule et sans accent.
« L'ambiance jeudi soir pendant son match face à Verdasco valait bien celle d'une arena de hockey. » (L'Équipe, 11 août 2016).
Enfin, dernière étape vers une francisation totale, on trouve aussi la forme aréna, comme au Québec, sans majuscule, avec accent, mais toujours de genre féminin, qui correspond à son genre étymologique.
« Je préfère jouer à Dunkerque que dans une aréna de 5 000 places avec seulement 2 000 spectateurs. » (La Voix du Nord, 24 septembre 2011).
Il est étonnant que des dictionnaires comme le Petit Larousse illustré ou le Nouveau Petit Robert ne notent le mot qu'à titre de québécisme (masculin pour le Petit Larousse, masculin ou féminin pour le Petit Robert), alors que le mot s'emploie désormais en France.
Conclusion : Il est bien évident qu'on doit dire une aréna, et non un aréna...

Mots-clés : langue française; français québécois; variation linguistique; mot d'origine latine; aréna; genre grammatical; Grand Dictionnaire terminologique; Office québécois de la langue française; Petit Larousse illustré; Nouveau Petit Robert.

jeudi 9 mars 2017

Doit-on dire des scénarii ou des scénarios ?


On entend et on lit parfois « des scénarii » ou « des scenarii », ce qui correspond à la forme du pluriel en italien du mot scenario emprunté en français sous la forme scénario.
En voici un exemple : « Les médias, les opinions publiques peut-être, attendent des réponses urgentes […]. Comment faire sans la France ? Quel scénario, ou quel panaché de scénarii, le nouvel occupant de l'Elysée choisira-t-il ? » (Le Monde, 9 mars 2017).
Cette forme du pluriel est-elle acceptable en français ?
Répondre à cette question, c'est aborder le problème de l'adaptation morphologique en nombre (singulier et pluriel) des emprunts à des langues étrangères.
La réponse est simple et pleine de bon sens : les emprunts à des langues étrangères prennent la marque normale du pluriel français.
Réfléchissons un instant. Si ce n'était pas le cas, on devrait jongler avec la morphologie du nombre de chaque langue étrangère. On devrait dire, pour des mots latins, des *campi (des campus !), des *consensi (des consensus !), pour des mots italiens, des *concerti (des concertos !), des *pizze (des pizzas !), pour des mots allemands, des * diktate (des diktats !), des *ersätze (des ersatzs !) (Faudrait-il aussi conserver la majuscule à l'initiale des mots allemands ?), pour les mots russes, des *goulagui (des goulags !, en russe ГУЛАГ'и), des *moujiki (des moujiks !, en russe мужики), des *pogromy (des pogroms !, en russe погpoмы)… On voit bien que c'est impossible, impraticable et inutile…
Remarquons en passant que la force d'assimilation du français fait parfois fi de la logique de la langue d'origine. Ainsi on dit un blini, alors qu'en russe, cette forme (блины) désigne un pluriel, si bien que lorsqu'on dit des blinis, le mot porte deux fois la marque du pluriel, le i (ы) du russe et le s du français… Si l'on suivait la logique de un scénario, des scenarii, on devrait dire un bline, des bliny
Il y a le cas du mot lied d'origine allemande. En français, le pluriel allemand lieder domine largement le pluriel français lieds (alors que la forme française scénarios domine largement la forme italienne scenarii). On trouve même la forme des lieders, ce qui rappelle la forme « des blinis ». Peu de mélomanes s'abaisseraient à dire des lieds. Mais, tout comme dans le cas de scénarii, cela ne va pas sans une bonne dose de snobisme…
En conclusion ne disons pas : des scénarii; disons : des scénarios.

Mots-clés : langue française; emprunt; pluriel des noms étrangers; scénario, scénarios, scénarii; lied; lieds; lieder; lieders; blini; blinis.