dimanche 27 juillet 2014

Faut-il dire "nightlife" ou "vie nocturne" ou "nuit" tout court ?

On constate que nightlife représente, au Canada, 80 % des occurrences sur Internet (langue : français; pays : Canada) et "vie nocturne", 20 %. Pour les sites situés en France, nightlife représente 53 %, "vie nocturne", 47 %.
 
Si on regarde du côté de la presse francophone, au Canada, nightlife représente 34 % des occurrences, "vie nocturne", 66 %; en Europe francophone, nightlife, 1,5 % et "vie nocturne", 98,5 %.
 
En Europe francophone, le terme nightlife se retrouve surtout dans les noms propres désignant, par exemple, un événement. Exemple : "Paris Nightlife".
 
Un autre équivalent très fréquent de nightlife, en fait plus fréquent que "vie nocturne", est "nuit" tout simplement. Ainsi on parlera de la "nuit parisienne".
 
Curieusement, au Québec, le terme nightlife est masculin, alors qu'on attend tout naturellement le féminin selon la règle (non absolue), qui veut que le genre des mots anglais s'aligne sur celui de l'équivalent français attendu. Exemple : la nightlife parce qu'on pense à "vie nocturne", une success story, parce qu'on pense à "histoire d'une réussite", etc.
 
Au Québec, success story est généralement masculin parce qu'on y a tendance à mettre au masculin les mots anglais terminés par une voyelle. Exemple : un aréna, un party. Les mots anglais terminés par une consonne y sont généralement féminins. Exemple : une sandwich, une toast, etc.
 


Enfin, dans la presse francophone européenne, on associe plus souvent le mot nightlife au monde anglo-saxon et "vie nocturne" ou "nuit" tout court au monde francophone. Ainsi on n'y trouve pas d'exemples du syntagme "nightlife parisienne", mais des exemples de "nightlife londonienne", alors qu'on trouve beaucoup d'exemples du syntagme "vie nocturne parisienne" et, plus encore, "nuit parisienne" à côté naturellement de "vie nocturne londonienne" et, plus encore, "nuit londonienne".

Mots clés : français, français de France et français du Québec, anglicisme, genre, nightlife, vie nocturne, nuit parisienne.
 
 

vendredi 23 mai 2014

dimanche 6 avril 2014

L'avenir du français dans le monde

Il existe toute une rhétorique autour de l'avenir du français. La plupart du temps, elle repose sur des calculs très hypothétiques. En voici un bel exemple.

Mots-clés : francophonie, calcul, locuteur, idéologie.

mardi 1 avril 2014

Poutine : une curieuse coïncidence...

Poutine
Une curieuse coïncidence. En français, le nom du président de la Fédération de Russie (Путин) se transcrit Poutine. Or, au Canada, le mot poutine (n. fém.) désigne un plat (pas très ragoûtant, reconnaissons-le) composé de frites, de fromage et de sauce brune. Le mot est une déformation populaire de l'anglais pudding.

Ce sont donc deux homonymes, c'est-à-dire deux mots de prononciation identique, mais de sens différents. Ce sont aussi des homophones, puisqu'ils se prononcent de la même manière, et des homographes, puisqu'ils s'écrivent pareillement.

Poutineville
C'est certainement au Canada français que le mot poutine apparaît le plus souvent dans l'affichage public. Il existe même à Montréal un restaurant appelé Poutineville… Poutineville ou Путинград, ce pourrait être le nouveau nom de Sébastopol, récemment conquise par ce "grand stratège" ?



Mots-clés : français canadien; français québécois; Vladimir Poutine; poutine (plat); homonyme; homophone; homographe; французкий язык в Канаде; Путин; путин (блюдо); Путинград; гомография.


vendredi 14 mars 2014

Bescherelle ta mère...

Un moyen original (et décapant) de corriger le français... Quoique... Pour tout francophone, Bescherelle évoque le livre de conjugaison du grammairien et lexicographe français Louis-Nicolas Bescherelle. Au fil des décennies, son ouvrage est devenu un classique, publié de nos jours par les éditions Hatier. Récemment un site, indépendant de la maison Hatier, s'est créé sous le nom insolent et provocateur de « Bescherelle ta mère ». Son but : corriger les fautes de français des journalistes, des célébrités et des politiques... 

Mots-clés : français, faute, erreur, Bescherelle.

mercredi 12 mars 2014

dimanche 23 février 2014

Comment prononcer Timochenko ?

Les journalistes français ont bien du mal avec la prononciation des noms propres étrangers. On dirait que cela les indiffère totalement de massacrer leur prononciation. Laurent Delahousse, le présentateur de FR2, en a donné un bel exemple, en parlant tout au long du journal télévisé, de Ioulia… Ti-mo-tchen-ko…

Autrement dit, il a prononcé à l'anglaise un nom de famille ukrainien transcrit à la française. S'il avait fait un petit effort pour se renseigner sachant qu'il allait s'adresser à plusieurs millions de personnes, il aurait appris que le nom de l'égérie de la Révolution orange, qui s'écrit Тимошенко en ukrainien et en russe, se transcrit Timoshenko en anglais et Timochenko en français, avec un ch comme dans cheval. On doit donc dire Ti-mo-chen-ko, en transcription phonétique [timɔʃɛnko].

Il doit bien y avoir des gens qui connaissent l'ukrainien ou le russe quelque part dans l'immense Maison de Radio-France.

Mots-clés : français; ukrainien; prononciation; nom propre; Timochenko; Laurent Delahousse; FR2.

vendredi 21 février 2014

Cranberry ou canneberge ? : la réponse d'OceanSpray.

J'ai écrit à la société OceanSpray pour demander pourquoi elle commercialise le même fruit (Vaccinium macrocarpon) sous le nom français de canneberge au Canada et sous le nom anglais de cranberry en France. Voici la réponse, qui n'en est pas une, que j'ai reçue dans un français plus qu'approximatif (signature illisible)…

Ocean Spray Consumers Affair

21 Février 2014

Cher Monsieur Meney;

Merci d'avoir consacré votre temps à communiquer avec Ocean Spray concernant notre gamme de produits.

Merci de partager vos commentaires avec nous.

Les canneberges ne sont pas cultivées en France.

le nom canneberge n'est pas largement utilisé en France, c´est plutôt le nom cranberry qui est plus souvent utilisé pour dénommer les canneberges communes pour décrire nos baies acidulées et si délicieuses.

les canneberges sont cultivées Au Canada, dont ce mot «canneberge» est très utilisé.

Deux désignations pour la même baie.

Si nous pouvons être d'une aide supplémentaire,

s'il vous plaît ne pas hésiter à entrer en contact avec nous.

Le bon goût. D'un bon endroit.

Et de vos amis à Ocean Spray

# 8,775,385

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Mots-clés : français; français du Canada; français de France; marketing; double langage; anglicisme; canneberge; cranberry; OceanSpray.


jeudi 20 février 2014

Doit-on dire mettre à pied, congédier ou licencier ?

Dans les médias québécois, on observe une confusion fréquente entre les verbes « mettre à pied », « congédier » et « licencier », entre les noms « mise à pied », « congédiement » et « licenciement ». Dans la presse canadienne de langue française, « mise à pied » représente 43 % des occurrences contre 35 % pour « congédiement » et 22 % pour « licenciement ». Dans la presse francophone européenne, « licenciement » représente 96 % des occurrences, « mise à pied », 3 %, et « congédiement », 0,1 %.

Ces différences de fréquence s'expliquent par l'emploi souvent impropre de « mise à pied » et de « mettre à pied » dans les médias québécois.


Les verbes « congédier » et « licencier » ont en commun le sens de « renvoyer ou relever quelqu'un définitivement de son emploi ou de sa fonction ». Leur différence tient au fait que congédier a une signification plus large que licencier. Licencier quelqu'un, c'est renvoyer définitivement quelqu'un lié par un contrat de travail ou une convention collective. On peut congédier un ministre, pas le licencier...


On peut aussi employer le verbe « remercier » dans le sens de renvoyer, licencier quelqu'un. Dans ce cas, on emploie un euphémisme, c'est-à-dire un moyen atténué pour exprimer une notion qui pourrait être déplaisante…


Quant à « mettre à pied » – et c'est là que l'impropriété est fréquente –, ce verbe signifie « suspendre quelqu'un de son emploi pour une période déterminée ». On ne met pas à pied quelqu'un définitivement, on le renvoie, on le congédie, on le remercie, on le licencie.


On met à pied quelqu'un pour des raisons économiques (baisse de commandes, chômage technique, grève empêchant la production, catastrophe naturelle, faute professionnelle, accusation quelconque, etc.). Exemple :


« La Maison blanche a catégoriquement rejeté mardi le plan proposé par les Républicains pour rouvrir une partie de l'Administration américaine, contrainte de mettre à pied près d'un million de fonctionnaires » (Reuters, 2 octobre 2013).


Quant au verbe « clairer », il s'agit d'un anglicisme québécois familier, dont l'équivalent en français de référence est « virer », lui aussi familier. Ce qui donne sous forme de tableau  :



verbe
sens général
trait sémantique 1
trait sémantique 2
marque d'usage
congédier
renvoyer
définitivement

vieilli
remercier
renvoyer
définitivement

euphémisme
virer
renvoyer
définitivement

familier
licencier
renvoyer
définitivement
qqn lié par un contrat de travail
neutre
mettre à pied
suspendre
provisoirement
pour des raisons économiques, techniques ou personnelles
neutre


Mots-clés : français; français québécois; impropriété; anglicisme; mettre à pied; congédier; licencier; clairer.

lundi 17 février 2014