vendredi 8 décembre 2017

Entre Marion Cotillard et Guillaume Canet, mon « Dictionnaire québécois-français »



Dans Rock and Roll (2017), le dernier film de Guillaume Canet, Marion Cotillard, sa compagne à la ville et à l'écran, se prépare pour un rôle que lui a proposé le réalisateur québécois Xavier Dolan. Pour ce faire, elle s'imagine qu'elle doit apprendre à parler québécois. Aiguillée par sa coach québécoise, elle a choisi de se procurer  mon Dictionnaire québécois-français. Le livre apparaît dans plusieurs scènes du film. On le voit en particulier sur ce cadre tiré d'un article d'IndieWire



C'est assez étonnant d'entendre une grande actrice française parler à son « chum » avec un accent et des mots québécois… Vous voulez connaître le mot de la fin ? Eh bien, Xavier Dolan lui fera savoir qu'elle jouera non pas en québécois, mais en français de France… Beaucoup d'efforts pour rien…
Mots-clés : Guillaume Canet, Marion Cotillard, Film Rock and Roll (2017), français québécois, Lionel Meney, Dictionnaire québécois-français : pour mieux se comprendre entre francophones (Guérin, Montréal, 1999).

Un agréable hommage


Je trouve un entretien qu'une de mes anciennes étudiantes du programme de traduction de l'Université Laval, Sylvia Dekyndt, a accordé à Globalme. Language & Technology. Je la remercie vivement pour les bons mots qu'elle y tient à mon égard. C'est toujours très gratifiant pour un professeur de recevoir ce genre d'appréciation de la part de ses élèves. Je cite : 
« So, this is why each time I start working on a project, I keep in mind what Mr. Lionel Meney taught us: “Always translate any document that is submitted to you as if it was the very first time."
After more than 11 years of professional practice, I still consider I know nothing compared to what there is still left to learn – Linguistics is a huge and fascinating field and, just as life is, it’s an ongoing learning process. And still today, I never fail to apply what Mr. Meney told us then, in order to ensure the steadiness of the quality of translations I deliver.
It’s worth mentioning that besides being the author of the Dictionnaire québécois-français: pour mieux se comprendre (ISBN: 2-7601-5482-3), which is a great and very useful dictionary, Mr. Meney used to be one of my teachers at Laval University, and furthermore, is one hell of great linguist and funny teacher! I owe him a lot and I’m more than very grateful for all he taught me. » (Sylvia Dekyndt, « Ask a pro: becoming a freelance translator », Globalme, Language and Technology, 25 juillet 2017).
Je m'en voudrais de ne pas donner le lien vers l'intégralité de cet entretien, dont tout traducteur peut faire son profit. 
Merci, Sylvia, et Félicitations pour votre belle réussite professionnelle !

Mots-clés : traduction; enseignement; attitude vis-à-vis du texte à traduire; Sylvia Dekyndt.



dimanche 26 novembre 2017

Doit-on dire Black Friday, Vendredi noir, Vendredi fou ou quoi encore ?


La « fièvre acheteuse » a encore frappé grâce au zèle des marketeurs jamais en peine pour trouver un moyen d'aller chercher de l'argent dans nos poches. Le dernier en date est l'importation d'une tradition commerciale états-unienne (« tradition » assez récente d'ailleurs), le Black Friday.
Persuadés que les expressions anglaises sont plus vendeuses, au sens propre, que les expressions françaises auprès de la clientèle francophone, avec la chose, ils ont importé le nom. La marque de commerce en quelque sorte. C'est ainsi que les vitrines de nos villes se sont couvertes de cette expression pour le moins peu heureuse.
Outre ses connotations inquiétantes (la couleur noire , qu'il s'agisse d'un jeudi, d'un vendredi ou d'un samedi noir, n'évoque que du négatif, un krach boursier, une série d'attentats, etc.), l'expression Black Friday ne rappelle rien de précis à un francophone.
D'ailleurs même pour un anglophone, ce n'est pas évident. Aux États-Unis, on discute pour savoir si Black Friday fait allusion à un vendredi noir qu'aurait connu Philadelphie, noir à cause des encombrements causés par la foule et des embouteillages monstres un jour de shopping ou bien s'il s'agit d'une allusion comptable typiquement anglo-saxonne. Ce serait le jour de l'année où les écritures des comptes passent du rouge (des pertes) au noir (aux profits).
Certes l'expression Black Friday a quelques rivales. Un directeur de centres commerciaux propose « jour XXL ». Pas fort. Toujours l'anglais dans la tête. La traduction littérale, « Vendredi noir », est assez répandue dans la presse francophone européenne. C'est mieux que Black Friday, mais, encore une fois, cela n'évoque rien pour un francophone sinon du négatif. On trouve aussi (rarement) « Vendredi de folie » et « Vendredi dingue ». Pas sûr qu'on échappe à un « Vendredi crazy » (on a déjà eu droit à des « Jours crazy ») ou, plus chic encore, à un « Crazy Vendredi »… Au Québec, « Vendredi fou » semble s'implanter, loi linguistique oblige.
La meilleure initiative est celle du patron de la CAMIF en France, qui a décidé de fermer purement et simplement ses magasins ce jour-là pour protester contre la surconsommation. Et dire qu'après le Black Friday, on aura droit à un Cyber Monday, en attendant le Boxing Day... Allez, marketeurs, un petit effort d'imagination… en français.

Mots-clés : anglicisme; commerce; marketeur; Black Friday; Vendredi noir; Vendredi fou; Cyber Monday; Boxing Day.

mercredi 15 novembre 2017

Les Québécois parlent-ils bien français?

Pour son numéro fêtant son 20e anniversaire, Argument, la revue d'idées montréalaise, m'a demandé de dialoguer avec le professeur Benoît Melançon, de l'Université de Montréal, sur le thème « Les Québécois parlent-ils bien français? » 

Voici les références de ce dialogue : Argument, Politique, Société, Histoire, vol. 20, no 1, hiver 2017-2018, p. 33-45. Aux éditions Liber à Montréal.

Mots-clés : langue française; français québécois; qualité de la langue; Lionel Meney; Benoît Melançon; revue Argument.

mardi 14 novembre 2017

Entretien avec le professeur Lionel Meney. Une recherche universitaire qui se poursuit à la retraite sans rupture.


Le Syndicat des professeurs de l'Université Laval (SPUL) m'a fait l'honneur de m'interroger sur mon expérience d'enseignant et de chercheur et sur ma dernière publication « Le français québécois entre réalité et idéologie » (Presses de l'Université Laval, Québec, 2017). L'entretien, dirigé par Jacques Rivet, professeur de journalisme, se trouve à partir de la deuxième page (faire défiler). Voici le lien :

http://spul.ulaval.ca/communicateur-civique/ 

Mots-clés : Lionel Meney, enseignant, chercheur, sociolinguistique, langue française, variation linguistique, France, Québec, idéologies linguistiques. 

vendredi 10 novembre 2017

Mauvaise traduction et produits de consommation courante


Dans Le Français québécois entre réalité et idéologie (Presses de l'Université Laval, Québec, 2017), j'ai consacré tout un chapitre aux mauvaises traductions malheureusement si courantes au Canada. La maison Bertolli et/ou Deoleo Canada Ltd., son importateur, m'offrent un nouvel exemple de traduction bâclée. À croire qu'ils ont utilisé un traducteur automatique… Quoique même Google Translate aurait fait mieux, comme le montrent les comparaisons qui suivent. Bertolli et/ou Deoleo Canada Ltd. n'ont-ils pas les moyens de se payer les services d'un bon traducteur professionnel ? Ce serait faire montre d'un minimum de respect pour leurs clients francophones.

Ce qu'on peut lire sur les étiquettes de leur Red Wine Vinegar...

English Text :
6 % Acetic acid by volume
Bertolli "French" Translation :
6 % Acide acétique par volume
Critique (Je m'en tiens à l'essentiel) : absence de la préposition de; mauvais emploi de la majuscule.
Google Translate :
6% d'acide acétique en volume
Proposition de traduction :
6 % d'acide acétique par volume

English Text :
New Bottle Same Great Taste
Bertolli "French" Translation :
Nouveau bouteille même bon goûte
Critique : erreur sur le genre de bouteille (!); emploi d'un barbarisme (goûte !); emploi de la majuscule.
Google Translate :
Nouvelle bouteille Même bon goût
Proposition de traduction :
Nouvelle bouteille Même goût extra.

English Text :
Bertolli Red Wine Vinegar is obtained by the natural fermentation of red wine. Use in salad dressings, marinades, meat stews, sautés, sweet-and-sour dishes, pickles and gourmet recipes.
Bertolli "French" Translation :
Bertolli vinaigre de vin rouge est obtenu par la fermentation naturelle de rouge de vin. Utilisez dans les vinaigrettes, marinades, des ragoûts de viande, sautés, doux et aigre-plats, des cornichons et des recettes gourmandes.
Critique : C'est là qu'on voit qu'ils ont utilisé un traducteur automatique ! ordre des mots; forme du verbe; emploi des articles.
Google Translate :
Le vinaigre de vin rouge Bertolli est obtenu par la fermentation naturelle du vin rouge. À utiliser dans les vinaigrettes, les marinades, les ragoûts de viande, les sautés, les plats aigres-doux, les cornichons et les recettes gastronomiques.
Proposition de traduction :
Le vinaigre de vin rouge Bertolli est obtenu par fermentation naturelle du vin rouge. À utiliser dans des vinaigrettes, des marinades, des ragoûts, des sautés, des plats aigres-doux, des légumes au vinaigre et des recettes gourmandes.

Finalement la traduction de Google Translate était assez bonne. Il aurait suffi de la peaufiner un peu…

Mots-clés : Canada; qualité de la langue; mauvaise traduction anglais-français; traduction automatique; Google Translate; Bertolli; Deoleo Canada Ltd.; vinaigre de vin rouge.